LIDO

Je vis au bord de la mort
Sur une plage de sable plastifiée
Aux dunes arpentées par des trans
Au rythme de vagues consciences
Avec le sentiment palpitant sans trève
D'une éternité en fuite
Devant la cristallisation du temps
Au milieu de peaux blanches cloquées au soleil
Tatouées d'ethnicité fictive
Et de tant de lassitudes passives
Que si les patelles et les tellines
Pouvaient parler
Elles diraient dans la poussière
Des coquillages de leur lignée
Que je vis au bord de la mort
Loin de mes sources natives
Sur une grève latine
Un lit d'eau pour linceul

QUARTIER BOBO

Dans un quartier boboElle écrivait pour luiDes poèmes bien rangésSans un mot de traversNi une rime à l’envers   Entre deux allaitementsIl suivait la musiqueDe ses allitérations en LDevant le double berceauAvec ses moustaches grisesEn forme d’hémistichesTaillées à la Friedrich NietszcheUne couche à la mainUn biberon dans l’autreIl savourait les motsDe sa Lou SaloméA peine...Continue reading

POUR L’INSTANT

Pour l’instant ils ont gagné, les chefs de file, les donneurs de leçons, les porteurs de progrès, les baratineurs de l’histoire, les glorieux colons de la première heure, les grands et petits civilisateurs d’Orient et d’Occident, les chantres de la paix mondiale, les experts de la sécurité nationale, la soldatesque, les fabricants d’armements intelligents, les...Continue reading

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